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NotaPublicado: 03 Nov 2009 16:20 
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El tercer acto (final del Primer Cuadro) en el DVD de Salonen. Lo sabemos por la posición del Peregrino en escena, claro. :twisted:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=6zSoX0Lklwg[/youtube]


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NotaPublicado: 08 Nov 2009 13:35 
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Libreto del Acto IV:

Francés



Sur le bateau qui porte Jaufré vers l'Orient.

Le jour commence à tomber mais il ne fait pas encore sombre. La couleur de la mer tire sur l'indigo. Elle est calme


Jaufré

Me croiras-tu, Pèlerin, C'est la première fois que je pose les pieds sur l'eau. Je vis depuis toujours au voisinage de la mer Je vois les mariniers, les pèlerins, les marchands, partir et revenir ou ne plus revenir, J'ai chanté avec eux, j'ai écouté leurs histoires, Mais c'est la première fois que je pose les pieds sur l'eau.

Le Pèlerin

Pour moi, c'est la dixième traversée, ou la douzième Mais c'est chaque fois la première fois... Au commencement, chaque fois, le vertige, le corps plié, la bouche amère En ces instants-là je me promets de ne jamais jamais plus entreprendre la mer. Puis lentement je ressuscite Je me laisse envahir par l'immensité du ciel et par l'odeur des vagues, Mon esprit déjà sur l'autre rive...

Jaufré

Jamais auparavant je n'avais eu envie de m'embarquer. Mais au bout du voyage il y a maintenant Trípoli. Au bout du voyage il y a Clémence Il y a ma seconde naissance L'eau du baptême sera profonde et froide A bout du voyage commencera ma vie.

Le Pèlerin

D'ici là, tu devrais te reposer un peu.

Jaufré

Pèlerin, sais-tu pourqoui la mer est bleue?

Le Pèlerin

Parce qu'elle est le miroir du ciel.

Jaufré

Et le ciel, pourquoi est-il bleu?

Le Pèlerin

Parce qu'il est le miroir de la mer! Mais tu devrais t'étendre comme moi, Jaufré, La traversée sera longue...

Jaufré

Je l'ai vue, Pèlerin, je l'ai vue comme je te vois!

Le Pèlerin

Jaufré, tu ne me vois pas, et moi non plus je ne te vois pas Il fait nuit et tu as rêvé!

Jaufré

Elle était ici, et son corps et son visage et sa robe blanche illuminaient la nuit. Elle chantait une chanson que j'ai écrite pour elle.

"Ton amour occupe mon esprit Dans la veille et dans la songe Mais c'est le songe que je préfère Car dans le songe tu m'appartiens!"

"D'aquest amor suy cossiros Vellan e puyes somphan dormen, Quar lai ay joy meravelhos, Per qu'ieu la jau jauzitz jauzen...

Jaufré

Lorsque je l'ai regardée dans les yeux elle a souri et m'a fait signe de la suivre. Puis elle est partie, d'un pas de reine, sa robe trainant derrière elle, comme tu l'avais vue la première fois, à Trípoli, le dimanche de Pâques. Je l'ai suivie mais soudain je l'ai vue s'éloigner du bateau et marcher sur la mer comme Notre Seigneur, sans qu'elle ne s'enfonce. Elle s'est tournée alors vers moi, elle a ouvert les bras mais je n'ai pas osé m'avancer vers elle Je suis resté accroché au bastingage sans oser la rejoindre et je pleurais de honte pour ma couardise. Au réveil, j'avais les yeux pleins de larmes et elle avait disparu.

Le Pèlerin

Calme-toi, Jaufré, ce n'est qu'un rêve mensonger Tu n'es pas un lâche et tu as justement entrepris ce voyage pour aller rejoindre ta dame lointaine.

Jaufré

J'ai peur, Pèlerin, J'ai peur Tu es la voix de la raison mais la peur n'ecoute pas la voix de la raison J'ei peur de ne pas le retrouver et j'ai peur de la retrouver J'ai peur de disparaitre en mer avant d'avoir atteint Trípoli et j'ai peur d'atteindre Trípoli J'ai peur de mourir, Pèlerin, et j'ai peur de vivre, me comprends-tu?

Je devrais être l'homme le plus heureux au monde, Et je suis le plus désespéré...

Les Compagnons en Choeur

On a connu des guerriers intrépides Qui se jetaient dans la mêlée et offraient leur corps Aux lames de l'ennemi Mais qui tremblaient en mer... On a connu un roi puissant Qui d'un regard faisait frémir comtes et chevaliers Qui, à la tête de ses troupes, Savait franchir les déserts, les montagnes, Mais qui tremblaient en mer.

Jaufré

Si nos compagnons savaient pourquoi je tremble Ils ne chanteraient pas ainsi. Ce n'est pas la mer qui m'effraie...

Crois-tu qu'on lui a dit, Pèlerin? Crois-tu qu'on lui a dit que je venais à Tripoli? Crois-tu qu'on lui a dit que je m'étais croisé?

Le Pèlerin

Ces choses se savent, oui. J'ignore par quelle bouche, mais elles se savent, oui. Moi qui parcours les mers et les royaumes Chaque fois que j'apporte une nouvelle dans une ville Quelqu'un avant moi l'avait déjà apportée. Certains prétendent que les secrets des hommes Sont chuchotés à tout vent par les anges...

Jaufré

Je devrais être l'homme le plus heureux au monde, Et je suis le plus désespéré... Je devrais avoir hâte d'atteindre sa ville de Tripoli. Et je me surprends à supplier le Ciel qu'il n'y ait plus dans nos voiles le moindre souffle de vent. Si, à cet instant, un génie sortait des flots pour me dire "Ordonne, Jaufré, et ton voeu sera exaucé!", je ne saurais quoi souhaiter? Ai-je envie de voir devant moi la femme sans tache, et qu'elle me voie devant elle? Aurai-je envie de chanter l'amour de loin, quand mes yeux la contempleront de près et que je guetterai chacun de ses battements de paupière, chacun de ses plissements de lèvres, chacun de ses soupirs? Jamais je n'aurais dû m'embarquer pour cette traversée. De loin, le soleil est lumière du ciel mais de près il est feu de l'enfer! J'aurais dû me laisser bercer longtemps longtemps par sa clarté lointaine au lieu de venir me brûler! J'étais l'Adam et l'éloignement était mon paradis terrestre. Pourquoi fallait-il que je marche vers l'arbre? Pourquoi fallait-il que je tende la main vers le fruit? Pourquoi fallait-il que je m'approche de l'étoile incandescente?


Castellano

A bordo del barco que lleva a Jaufré al Oriente

Al final del día, poco antes de las sombras de la noche. El mar se tiñe de añil. Está en calma


Jaufré

¿Me creerás, Peregrino?. Es la primera vez que piso el agua. Siempre he vivido junto al mar, he visto marineros, peregrinos, mercaderes, partir y retornar, o no retornar. He cantado con ellos, he escuchado sus historias, pero es la primera vez que piso el agua.

Peregrino

Yo lo he cruzado diez veces, o doce. Pero cada vez es la primera vez. Al principio, cada vez, el vertigo, el cuerpo doblado, la boca amarga. En esos momentos, prometo no cruzar nunca nunca más el mar. Pero lentamente resucito. Me dejo invadir por la inmensidad del cielo y el olor de las olas. Mi espíritu se encuentra ya en la otra orilla

Jaufré

Nunca antes tuve el deseo de embarcar. Pero al final del viaje se encuentra ahora Trípoli. Al final del viaje están Clémence y mi segundo nacimiento. El agua del bautizo será profunda y fría. Al final del viaje comenzará mi vida.

Peregrino

Ahora debes reposar un poco

Jaufré

Peregrino, ¿sabes por qué el mar es azul?

Peregrino

Porque es el espejo del cielo

Jaufré

Y el cielo, ¿por qué es azul?

Peregrino

Por que es el espejo del mar. Pero deberías tumbarte como yo, Jaufré, la travesía será larga

Jaufré

La he visto, Peregrino, la he visto como te veo a tí.

Peregrino

Jaufré, no me ves, ni yo te veo a tí. Estamos en el corazón de la noche y has tenido un sueño.

Jaufré

Ella estaba aquí, y su rostro y su vestido blanco iliuminaban la noche. Cantaba una canción que he escrito para ella...

"Tu amor llena mi espíritu, en la vigilía y en el sueño. Pero prefiero el sueño, pues en el sueño me perteneces"

"Tu amor llena mi espíritu, en la vigilía y en el sueño. Pero prefiero el sueño, pues en el sueño me perteneces"

Jaufré

Cuando miré sus ojos, me sonrió y me hizo una seña para seguirla. Entonces se marchó, como una reina, su ropa flotando tras ella, como tú la viste por primera vez, en Trípoli, el domingo de Pascua. La seguí, pero de repente abandonó el barco y caminó sobre el mar como Nuestro Señor, sin hundirse. Se volvió hacia mí y abrió los brazos pero no me atrevía a acercarme a ella. Me quedé agarrado a la borda sin atreverme a reunirme con ella, por cobardía. Cuando desperté, mis ojos estaban llenos de lágrimas y ella había desaparecido.

Peregrino

Calma, Jaufré, no era más que un falso sueño. No eres ningún cobarde, y has emprendido este viaje precisamente para reunirte con tu dama lejana

Jaufré

Tengo miedo, Peregrino, tengo miedo. Eres la voz de la razón, pero el miedo no escucha la voz de la razón. Tengo miedo de encontrarla, y tengo miedo de no encontrarla. Tengo miedo de desaparecer en el mar sin llegar a Trípolo y tengo miedo de llegar a Trípoli. Tengo miedo de morir, Peregrino, y tengo miedo de vivir. ¿Me entiendes?

Debería ser el hombre más feliz del mundo, y soy el más desesperado

Coro de Compañeros

Se sabe de intrépidos guerreros que se arrojan entre sus adversarios y ofrecen sus cuerpos a los cuchillos de sus enemigos, pero que tiemblan en el mar... Se sabe de un poderoso rey cuya mirada hacia temblar condes y caballeros, que, a la cabeza de sus ejércitos, sabía cruzar desiertos y montañas, pero que temblaba en el mar

Jaufré

Si nuestros compañeros supieran porque tiemblo, no cantarían así. No es el mar lo que me aterra....

¿Crees que se lo han dicho, Peregrino?. ¿Crees que le han dicho que llego a Trippli?. ¿Crees que le han dicho que soy un cruzado?

Peregrino

Estas cosas se saben, sí. Ignoro por que boca se saben, pero se saben. Yo que recorro los mares y los reinos, cada vez que llevo una novedad a una villa, alguna la ha llevado ya antes. Algunos creen que los secretos de los hombres son susurrados en el viento por los ángeles...

Jaufré

Debería ser el hombre más feliz del mundo. Y soy el más desesperado.... Debería apresurarme a llegar a su ciudad de Trípoli y me sorprendo suplicando al Cielo que no sople el más mínimo viento en nuestras velas. Si, en este instante, un genio saliera de las olas para decirme: "Ordena, Jaufré, y tu deseo será concedido", no sabría que desear. ¿Deseo ver ante mí la mujer sin tacha, y que ella me vea? ¿Deseará cantar el amor lejano cuando mis ojos la contemplen de cerca acechando cada movimiento de sus pestañas, cada uno de sus suspiros?. Nunca debería haberme embarcado en esta travesía. De lejos, el sol y la luz del cielo, pero de cerca el fuego del infierno. Debí dejarme abrazar para siempre, para siempre, por su claridad lejana en lugar de venir a quemarme. Era Adán y la lejanía era mi paraiso terrenal. ¿Por qué debo ir hacia el árbol?. ¿Por qué debo tender la mano hacia la fruta?. ¿Por qué debo acercarme a la estrella incandescente?.

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El Acto IV transcurre en el barco que lleva a Jaufré y el Peregrino hacía Tierra Santa. El Primer Cuadro (Mer Indigo) se inicia con una introducción orquestal de unos cinco minutos de duración, extraída de Outremer, obra anterior de Saariaho también comentada en el hilo. El enérgico acorde que domina la breve pieza, y que acaba disolviéndose en sí mismo, combinado con los sonidos electrónicos (entre ellos, el del propio mar), proporcionan una adecuada sensación de travesía marina, aunque tal vez se le vaya al compositor un poco la mano y, por momentos, más parezca que estamos en el Mar de los Sargazos que en el Mediterráneo. Un breve diálogo entre Jaufré y el Peregrino completa el Cuadro, que termina en un lírico comentario sobre la naturaleza del mar y el cielo.

También el Segundo Cuadro (Songe), comienza con un pasaje orquestal, que representa el sueño donde se aparece a Rudel una visión de Clémence, que no acaba de ser sugerida por la música de Saariaho. Un agitado Rudel explica al Peregrino su sueño, tras el cuál no volverá a ser el mismo. Escuchamos a Clémence cantar la chanson de Jaufré primero en francés (incomunicación entre los amantes) y, después, entremezclada con los pensamientos del propio Jaufré durante unos espléndidos compases en los que Clémence canta en occitano (intentando levantar un puente sobre el abismo que empieza a separarlos) mientras Rudel continúa con su letanía sobre la imposibilidad de atrapar el esquivo fantasma de Clémence. El Peregrino trata de calmar a Rudel, pero no es posible y el Cuadro termina con la orquesta percutiendo como el corazón del trovador.

El último Cuadro (Tempête) nos presenta el mar encrespado y a un Jaufré cada vez más agitado y nervioso, con su línea de canto entrecortada. La burlona intervención del Coro de Compañeros, que pone en solfa las ominosas intervenciones de Rudel, contribuye a su exasperación. El Peregrino, la voz de la razón, la voz de la propia y cada vez más cercana Clémence, trata de calmarle, pero en un monólogo lleno de desesperación, con un único momento de luz cuando menciona a su "amour de loin", Jaufré se hunde en las tinieblas de su propio interior.

Escuchamos la versión de Nagano, publicada en su reciente CD. Aunque las voces de Belcher, Todorovitch y Lekhina no acaban de convencer, el tapiz orquestal es estupendo.

Saariaho-Acto IV


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NotaPublicado: 08 Nov 2009 13:44 
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No me había dado cuenta de lo del cambio de idiomas en la canción!!! Es lo que tiene ponerse el DVD con los subtítulos...me voy al significado y pierdo la forma.

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En la vida humana sólo unos pocos sueños se cumplen, la gran mayoría se roncan. Enrique Jardiel Poncela.


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NotaPublicado: 08 Nov 2009 19:37 
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Dentro del estupendo nivel del DVD, precisamente el cuarto Acto es el que me parece menos logrado, desde el punto de vista escénico.


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NotaPublicado: 09 Nov 2009 0:28 
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En eso si estoy de acuerdo.

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NotaPublicado: 22 Nov 2009 18:36 
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Vamos con el quinto y último acto.

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Francés

Le jardin de la Citadelle, à Tripoli.

Clémence scrute l’horizon marin. Et c’est le choeur des femmes tripolitaines qui lui apprendra la nouvelle qu’elle espère et redoute à la fois.


Le Choeur des Tripolitaines

Comtesse, regardez! Au port, sur le quai, le navire! Il est là! Il est là! Ja’! Ja’! Ja’! Les pèlerins, les fanions, le navire! Le troubadour! Là-bas, Comtesse! Le troubadour! Au port, les croisés, le navire! Lmina! Lmarkab! Ja’! Ja’! Ja’! Le troubadour! Il est là! Il est là!

Clémence

Ainsi, il est venu L’insensé! Il n’a pas voulu demeurer l’ombre lointaine L’étrange histoire que l’on colporte, la voix puissante que l’on imite Il ne s’est pas contenté d’être poète et troubadour Il est venu L’insensé

Ainsi, il est venu L’insensé! Le fou d’amour Il a pris la mer Pour me contempler telle que je suis Et pour que je le contemple de toute sa taille d’homme Pour que je voie bouger ses lèvres lorsqu’elles parlent de moi. Devrais-je me montrer attentive, flattée, reconnaissante? Ou bien réticente, et feindre l’indifférence? Devrais-je demeurer lointaine, inaccessible? Ou, au contraire, me montrer proche? Comment se serait comportée la femme de ses chansons, Celle qu’il appelle Son amour de loin? Ainsi, il est venu L’insensé!

Le Pèlerin

Noble dame, je vous apporte une nouvelle Une nouvelle qui vous déplaira.

Clémence

Pèlerin, laissez-moi juger seule de ce qui me déplaît ou ne me déplaît pas. Il se peut que vos bonnes nouvelles m’attristent Et que vos mauvaises nouvelles me remplissent de joie. Il se peut aussi que toutes vos nouvelles me laissent indifférente. Que vouliez-vous m’annoncer?

Le Pèlerin

Il s’agit de Jaufré, Jaufré Rudel.

Clémence

Le troubadour? La nouvelle que vous m’apportez, je la connais déjà. Il s’est croisé, me dit-on, son navire vient d’accoster à Tripoli. Combien de jours restera-t-il?

Le Pèlerin

Il ne s’agit pas de cela, noble dame, Je venais vous dire Qu’il se meurt.

Clémence

Seigneur! O Seigneur! Seigneur! Seigneur!

Le Pèlerin

Il est tombé malade en mer, et ne s’est plus réveillé. Il s’échappe hors de ce monde et vous seule pourriez encore le retenir.

Clémence

Où est-il?

Le Pèlerin

Dans un moment, il sera ici.

Clémence

S’il peut monter jusqu’à la Citadelle C’est qu’il n’est pas aussi mal que vous ne le dites.

Le Pèlerin

Quatre hommes le portent sur une civière Les voilà, d’ailleurs, ils arrivent.

Jaufré

C’est vous, c’est vous, c’est vous Je vous aurais reconnue entre toutes les femmes.

Clémence

Comment vous sentez-vous?

Jaufré

Heureux... Heureux comme peut l’être un homme dont le sort ne vous est pas indifférent.

Clémence

Que dit le médecin arabe?

Le Pèlerin

Il dit qu’il vivra tout au plus jusqu’à l’aube.

Clémence

Mon Dieu!

Jaufré

Ne chuchotez pas, je n’ignore rien de mon état. Les médecins peuvent mentir pour rassurer le mourant. Les hoquets du cœur ne mentent pas.

Clémence

Il est possible que Notre Seigneur ne veuille pas encore vous arracher à ceux qui vous entourent.

Jaufré

N’abusons pas des bontés du Ciel! Je lui ai demandé la grâce de vous voir une fois avant de mourir, et vous voilà devant moi La dernière image que je garderai de ce monde est celle de votre visage et de vos yeux qui m’embrassent. La dernière voix que j’aurais entendue, c’est la vôtre, qui cherche à m’apaiser, La dernière sensation de mon corps de mortel, c’est ma main épuisée qui s’endort dans le creux de la vôtre. Que demander de plus au Ciel? Même si je vivais encore cent ans, comment pourrais-je connaître une joie plus entière?

Les Compagnons en Choeur

Maudit soit l’amour Lorsqu’il nous fait mépriser l’existence Maudit soit l’amour Lorsqu’il trahit la vie et se fait l’allié de la mort.

Jaufré

Ne maudissez pas l’amour, compagnons, C’est lui qui nous donne nos joies Pourquoi n’aurait-il pas le droit de les reprendre? Ce n’est jamais l’amour qui est indigne, c’est nous qui sommes parfois indignes de l’amour. Ce n’est jamais l’amour qui nous trahit, c’est nous qui trahissons l’amour.

Clémence

J’aurais tant voulu être poétesse pour vous répondre avec des mots aussi beaux que les vôtres.

Jaufré

Vous êtes la beauté et je ne suis que l’étang où la beauté se mire...

Clémence

Il est une chose que je pensais garder longtemps en moi, Mais si je ne la disais pas aujourd’hui même, je crains de ne plus jamais pouvoir vous la dire. Vos chansons, je me les récitais le soir, toute seule, dans ma chambre, Et je pleurais de bonheur.

Jaufré

Si mes chansons étaient belles, c’est parce que mon amour était pur, et parce que l’objet de mon amour est si beau. Mais vous êtes encore mille fois plus rayonnante et mille fois plus douce que je ne l’imaginais. Si j’avais pu vous contempler, j’aurais trouvé des paroles bien plus belles, et une musique qui pénètre l’âme. Et je vous aurais aimée encore davantage.

Clémence

Moi aussi, si nous nous étions rencontrés, je vous aurais aimé.

Jaufré

Autant que je vous aime?

Clémence

Autant que vous m’aimez.

Jaufré

Vous auriez pu dire, je vous aime, Jaufré?

Clémence

J’aurais pu dire, oui, je vous aime, Jaufré.

Jaufré

Seigneur, pardonnez-moi, j’ai de nouveau envie de vivre!

Seigneur, si je pouvais rester ainsi, quelques moments, quelques moments de plus Si je pouvais revivre un peu, un peu seulement, Mon amour qui était loin est maintenant près de moi, mon corps est dans ses bras et je respire le parfum le plus doux. Si la mort pouvait attendre au dehors au lieu de me secouer ainsi, impatiente.

Le Pèlerin

Mais si la mort n’était pas aussi proche, Jaufré, La femme que tu aimes ne serait pas en cet instant auprès de toi, à t’enlacer. L’air que tu respires ne serait pas imprégné de son parfum, Et elle ne t’aurait pas dit "je t’aime, Jaufré".

Clémence

Je t’aime, Jaufré, et je voudrais tant que tu vives.

Jaufré

Si jamais le Ciel me guérissait. Me prendrais-tu par la main pour me conduire jusqu’à ta chambre?

Clémence

Oui, Jaufré, si le Ciel dans sa bonté voulait bien te guérir, je te prendrais par la main pour te conduire jusqu’à ma chambre.

Jaufré

Et je m’étendrais près de toi?

Clémence

Et tu t’étendrais près de moi...

Jaufré

Et tu poserais la tête sur mon épaule?

Clémence

Ma tête sur ton épaule...

Jaufré

Ton visage tourné vers le mien, tes lèvres près des miennes...

Clémence

Mes lèvres près des tiennes...

Jaufré

En cet instant, j’ai tout ce que je désire. Que demander encore à la vie?

Clémence

J’espère encore, mon Dieu, j’espère encore. Les anciennes divinités pouvaient être cruelles, mais pas toi, mais pas toi, mon Dieu, Tu es bonté et compassion, tu es miséricorde J’espère encore, mon Dieu, j’espère encore. (choeur) Ce mortel ne porte dans son cœur que l’amour le plus pur, Il fait offrande de sa vie à une inconnue lointaine et se contente d’obtenir en échange un sourire Il remercie le Ciel du peu qu’on lui accorde, et ne demande rien Si avec un être tel que lui, tu n’es pas généreux, Seigneur, avec qui le seras-tu?

Clémence

J’avais cru en toi, j’avais espéré, mon Dieu Qu’avec un être si généreux tu te montrerais plus généreux encore, J’avais cru en toi, j’avais espéré, mon Dieu Qu’avec un être aussi aimant tu te montrerais plus capable d’amour encore Que tu nous accorderais un instant, juste un instant de vrai bonheur Sans souffrance, sans maladie, sans la mort qui s’approche Un court moment de bonheur simple, était-ce trop?

Le Choeur Rassemblé

Tais-toi, femme, ta passion t’égare Tais-toi, femme, silence!

Clémence

De quoi as-tu voulu le punir? De m’avoir appelée déesse? De s’être prétendu croisé, comme s’il partait se battre contre les Infidèles, alors que c’est moi qu’il venait retrouver? Se pourrait-il que tu sois jaloux du fragile bonheur des hommes?

Le Choeur Rassemblé

Tais-toi, femme, ta passion t’égare Tais-toi, femme, silence!

Le Choeur des Tripolitaines

Voudrais-tu attirer sur notre ville le malheur et la malédiction? Voudrais-tu que la mer se déchaîne, que les vagues sautent par-dessus les murailles pour engloutir nos maisons et noyer nos enfants?

Les Compagnons en Choeur

Voudrais-tu attirer sur nous tous le châtiment de Dieu? Pour qu’Il nous abandonne en pleine mer quand la tempête fera rage? Pour qu’Il nous abandonne en pleine bataille quand nos ennemis seront lancés contre nous?

Le Choeur Rassemblé

Tais-toi, femme, ta passion t’égare Tais-toi, femme, silence!

Clémence

Jaufré croyait venir vers moi, et il a rencontré la Mort. Se peut-il que ma beauté soit l’appât de la Mort? Il a cru voir en moi la Clarté, et je n’étais que la gardienne des Ténèbres! Comment pourrais-je encore aimer ? Comment pourrais-je dévoiler mon corps? Ouvrir mon sein au regard d’un amant?

Le Pèlerin

Et moi, Seigneur, pourquoi m’as-Tu choisi pour cette tâche? D’une rive à l’autre, d’une confidence à l’autre, Je croyais tisser les fils blancs d’une robe de mariée, A mon insu je tissais l’étoffe d’un linceul!

Clémence

Je ne mérite plus d’être aimée Je ne mérite plus d’être chantée par un poète Ni serrée contre une épaule d’homme, ni caressée. Demain, après les funérailles, je prendrai le deuil. Je porterai une robe de laine épaisse et j’irai me cacher Sous le toit d’un couvent D’où je ne sortirai plus ni vivante ni morte. Je suis veuve d’un homme qui ne m’a pas connue Et jamais aucun homme ne creusera mon lit.

Clémence

Si tu t’appelles Amour je n’adore que toi, Seigneur Si tu t’appelles Bonté je n’adore que toi, Si tu t’appelles Pardon je n’adore que toi, Seigneur, Si tu t’appelles Passion, je n’adore que toi. Ma prière s’élève vers toi qui es si loin de moi maintenant, Vers toi qui es si loin Pardonne-moi d’avoir douté de ton amour, Pardonne-moi d’avoir douté de toi! Toi qui as donné ta vie pour moi, Pardonne-moi d’être restée si lointaine A présent c’est toi qui es loin Es-tu encore là pour écouter ma prière? A présent c’est toi qui es loin A présent c’est toi l’amour de loin Seigneur, Seigneur, c’est toi l’amour, C’est toi l’amour de loin...


Castellano


El jardín de la Ciudadela, en Tripoli

Clémence escruta el horizonte marino. Y es el core de mujeres tripolitanas quienes le advierten de la noticia que espera y teme a la vez


Coro de Tripolitanas

Mirad, Condesa. En el puerto, en el muelle, el navío. Está aquí. Está aquí. Ja,ja,ja. Los peregrinos, los banderines, el navío. El trovador. Abajo, Condesa. El Trovador. En el puerto, los cruzados, el navío. El trovador. Está aquí, está aquí.

Clémence

Entonces, ha venido. Insensato. No ha querido permanecer como una sombra lejana. La extraña historia que se divulga, la voz potente que se imita. No se ha contentado con ser poeta y trovador. Ha venido, el insensato.

Entonces, ha venido. Insensato. Loco de amor se ha arrojado al mar. Para mirarme tal como soy. Y para que yo le mire en toda su estatura como hombre. Para que vea como se mueven sus labios cuando hablan de mí. ¿Debo mostrarme atenta, halagasa, agradecida?, ¿O tal vez reticente, y fingir indiferencia?. ¿Debo permanecer lejana, inaccesible?. ¿O, al contrario, mostrarme cercana?. ¿Cómo se comportaría esa mujer de sus canciones, a la que llama su amor de lejos?. Entonces, ha venido. Insensato.

Peregrino

Noble dama, os traigo una noticia. Una noticia que os disgustará.

Clémence

Peregrino, dejad que yo misma juzgue lo que me place o no me place. Puede que vuestras buenas noticias me entristezcan. Y que vuestras malas noticias me llenen de alegría. Tambíen puede que todas vuestras noticias me dejen indiferente. ¿Que queréis anunciarme?

Peregrino

Se trata de Jaufré, Jaufré Rudel

Clémence

¿El trovador?. Ya sé la noticia que me traéis. Es un cruzado, me dicen, y su navío acaba de atracar en Tripoli. ¿Cuántos días se quedará?

Peregrino

No se trata de esto, noble dama. Vengo a deciros que agoniza

Clémence

Señor, Oh Señor, Señor, Señor

Peregrino

Ha enfermado en el mar, y no se recupera. Está dejando este mundo, y sólo vos podéis aún retenerle

Clémence

¿Dónde está?

Peregrino

En un momento, estará aquí.

Clémence

Si puede subir hasta la Ciudadela, no estará tan mal como decís

Peregrino

Cuatro hombres le llevan en camilla. De hecho, están llegando en este momento

Jaufré

Sois vos, sois vos, sois vos. Os reconocería entre todas las mujeres.

Clémence

¿Cómo os sentís?

Jaufré

Feliz.... Feliz como puede estarlo un hombre cuya suerte no os es indiferente

Clémence

¿Qué dice el médico árabe?

Peregrino

No vivirá más allá del alba.

Clémence

Dios mío

Jaufré

No habléis en susurros, conozco mi estado. Los médicos pueden mentir para consolar al moribundo. Los pálpitos no mienten

Clémence

Es posible que Nuestro Señor no quiera todavía arrancaros de entre nosotros

Jaufré

No abusemos de la bondad del Cielo. Le he pedido la gracia de veros una vez antes de morir, y estáis delante de mí. La última imagen que guardaré de este mundo será de vuestro rostro y vuestros ojos que me abrazan. La última voz que escucharé, será la vuestra, que trata de tranquilizarme. La última sensación de mi cuerpo mortal será mi mano agotada que se duerme en la palma de la vuestra. ¿Quié más pedir al Cielo?. Incluso si viviera cien años más, ¿cómo podría tener una alegría más completa?

Coro de compañeros

Maldito sea el amor, cuando nos hace despreciar nuestra existencia. Maldito sea el amor, cuando traiciona la vida y se hace aliado de la muerte

Jaufré

No maldigáis el amor, compañeros. Nos da nuestras alegrías, ¿no debería tener pues el derecho de reclamarlas?. Nunca el amor es indigno, somos nosotros quienes a veces somos indignos del amor. Nunca el amor nos traiciona, somos nosotros quienes traicionamos al amor.

Clémence

Me hubiera gustado tanto ser poetisa, para responder a vuestras palabras con otras igual de bellas

Jaufré

Vos sois la belleza y yo no soy más que el estanque donde la belleza se refleja...

Clémence

Hay algo que pensaba guardar en mi interior mucho tiempo. Pero si no lo digo hoy mismo, temo que jamás pueda decirlo. Vuestras canciones, las recitaba por la tarde, sola, en mi cuarto. Y lloraba de felicidad

Jaufré

Si mis canciones eran bellas, es porque mi amor era puro, y el objeto de mi amor, tan bello. Pero sois todavía mil veces más radiante y mil veces más dulce de lo que imaginaba. Si os hubiera podido contemplar, habría encontrado palabras mucho más hermosas, y una música que penetrara el alma. Y os habría amado aún más

Clémence

También yo, si nos hubiéramos encontrado, os habría amado

Jaufré

¿Tanto como yo os amo?

Clémence

Tanto como me amáis

Jaufré

¿Podríais haber dicho, os amo, Jaufré?

Clémence

Habría podido decir, os amo, Jaufré

Jaufré

Señor, perdonadme, de nuevo tengo ganas de vivir

Señor, si pudiera permanecer así, durante algún instante, algún instante más. Si pudiera revivir un poco, solamente un poco. Mi amor que era lejano y ahora está junto a mí, mi cuerpo está en sus brazos y respiro el más dulce perfume. Si la muerte pudiera esperar fuera, en lugar de agarrarme así, impaciente

Peregrino

Pero si la muerte no estuviera tan próxima, Jaufré, la mujer que amas no estaría en estos momentos junto a ti, abrazándote. El aire que respiras no estaría impregnado de su perfume, y ella no te habría dicho: "te amo, Jaufré".

Clémence

Te amo, Jaufré, y me gustaría tanto que viviéses

Jaufré

Si el Cielo quisiera curarme, me cogerías la mano y me llevarías a tu alcoba

Clémence

Sí, Jaufré, si el Cielo en su bondad quiere curarte, te cogeré de la mano para llevarte a mi alcoba

Jaufré

¿Y estaría tumbado a tu lado?

Clémence

Estarías tumbado a mi lado…

Jaufré

¿Y apoyarías tu cabeza en mi hombro?

Clémence

Mi cabeza sobre tu hombro….

Jaufré

Tu rostro vuelto hacía el mío, tus labios cerca de los míos

Clémence

Mis labios cerca de los tuyos

Jaufré

En este momento, tengo todo lo que deseo. ¿Qué mas pedir a la vida?

Clémence

Todavía espero, Dios mío, todavía espero. Las antiguas divinidades podían ser crueles, pero no Tú, no Tú, Dios mío. Tú eres bondad y compasión, eres misericordia. Todavía espero, Dios mío, todavía espero. (coro) Este mortal no tenía nada en su corazón salvo el amor más puro. Ofreció su vida a una mujer distante y desconocida, y se contentó con recibir a cambio una sonrisa. Agradeció al Cielo lo poco que le fue concedido, y no pidió nada. Si con un ser como él no eres generoso, Señor, ¿con quién lo serás?

Clémence

Creí en Ti, tenía esperanza, Dios mío. Que con un ser tan generoso te mostrarías aún más generoso. Creí en Ti, tenía esperanza, Dios mío. Que con un ser tan amoroso te mostrarías aún más capaz de amar. Que no nos hayas concedido un instante, tan solo un instante de verdadera felicidad. Sin sufrimiento, sin enfermedad, sin la muerte que se aproxima. Un breve momento de simple felicidad, ¿era demasiado?

Coro reunido

Calla, mujer, la pasión te ciega. Calla, mujer, silencio

Clémence

¿Qué buscabas castigar?. ¿Qué me llamara diosa?. ¿Qué pretendiera ser un cruzado, ir a batirse contra los infieles, cuando era a mí a quien venía a encontrar?. ¿Puede que estuvieras celoso de la frágil felicidad de los hombres?

Coro reunido

Calla, mujer, la pasión te ciega. Calla, mujer, silencio

Coro de Tripolitanas

¿Pretendes que caiga sobre nuestra ciudad la desgracia y la maldición?. ¿Quieres que el mar se agite, que las olas salten por encima de las murallas para devorar nuestras casas y nuestros hijos?

Coro de compañeros

¿Quieres atraer sobre nosotros el castigo de Dios?. ¿Para que nos abandone en plena mar cuando ruja la tormenta? ¿Para que nos abandone en medio de la batalla cuando nuestros enemigos se lancen contra nosotros?

Coro reunido

Calla, mujer, la pasión te ciega. Calla, mujer, silencio

Clémence

Jaufré creía que venía hacia mí, y ha encontrado la muerte. ¿Puede que mi belleza fuera el anzuelo de la Muerte?. Creyó ver en mí la Claridad, y no he sido más que la guardiana de las Tinieblas. ¿Cómo puedo amar de nuevo?. ¿Cómo podría descubrir mi cuerpo?. ¿Abrir mi seno a la mirada de un amante?

Peregrino

¿Y yo, Señor, por qué me has elegido para esta tarea?. De una orilla a otra, de una confidencia a otra, creía tejer los blancos hilos de un vestido de novia. No sabía que tejía la tela de un sudario.

Clémence

No merezco ser amada. No merezco que me cante un poeta. Ni sostenida por el hombro de un hombre, ni acariciada. Marñana, tras el funeral, llevaré luto. Un vestido de lana gruesa y me ocultaré. Bajo el techo de un convento del que no saldrá ni viva ni muerta. Soy la viuda de un hombre que no me ha conocido, y ningún otro hombre entrará en mi lecho

Clémence

Si te llamas Amor, sólo te adoro a ti, Señor. Si te llamas Bondad, sólo te adoro a ti, Señor. Si te llamas Perdón, sólo te adoro a ti, Señor. Si te llamas Pasion, sólo te adoro a ti. Mi oración se eleva a ti que estás tan lejos de mí. Hacia ti que estas tan lejano. Perdona que haya dudado de tu amor, perdona que haya dudado de tí. Tú que has dado la vida por mí, perdona que haya permanecido tan lejana. Ahora eres tú quien esta lejano. Ahora eres tí el amor lejano, Señor, Señor, eres tú el amor, eres tú el amor lejano...


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Una breve intervención del Coro abre el acto, casi en parlando. La atmósfera oriental invade la escena. Una Clémence casi desafiante reta al Coro, mientras escuchamos sonidos marinos. La llegada del Peregrino y el grito de desesperación de la Condesa: "Seigneur, Seigneur..." termina el cuado.

En el Segundo Cuadro, tal vez el más bello de la ópera, asistimos al diálogo entre Jaufré y Clémence. Son momentos de gran lirismo, en los que ambos confiesan su amor y escuchamos por primera y única vez los acordes "orientales" mientras canta Jaufré. La percusión y los vientos, van puntuando la acción, hasta quedar unidos como los dos amantes. En un momento, Jaufré parece revivir, y se desata una pequeña tormenta en la orquesta, subrayada por la electrónica, pero la resignación ante una suerte fatal termina por imponerse, y la muerte de Jaufré, en brazos de su amada, funciona casi como un anticlímax.

Durante el Tercer Cuadro, tal vez un poco demasiado extenso, Clémence se rebela contra el destino, y denuncia agitadamente su triste sino. Las reprimendas del Coro y los lamentos del Peregrino completan la acción.

Un pequeño interludio nos lleva a la última escena, años después, donde Clémence, convertida en una monja, reza una bella oración, inspirada en la Traversée del principio de la ópera, ¿A Dios?, ¿A Jaufré?... que termina en un precioso "C'est toi, l'Amour de Loin".

Este acto, en la versión del estreno:

Saariaho-Acto V


Esperemos que el señor Mortier, que encargó en su momento la obra, estrene esta espléndida ópera en Madrid, en los próximos años, y una buena parte de foreros tengamos la ocasión de asistir.


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NotaPublicado: 23 Nov 2009 11:50 
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Mozdark
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Habiendo ya confesado que toda la ópera me parece fantástica, este acto final ya es absolutamente espléndido.

Es verdad que en mi opinión, puestos a poner peros, ese cuadro intemedio entre el dúo y la muerte de Jaufré y lo que tú llamas la "oración" final, es tal vez algo menos inspirado, pero en general creo que cumple esa función de anticlimax al que tú también aludes, entre el conmovedor cuadro segundo y la apoteósica "oración".

De todos modos, un remate maravilloso para una obra estupenda.

Muchas gracias por tu -como siempre- brillante y clarificadora exposición.

¿Qué nos preparas después? :wink:


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NotaPublicado: 23 Nov 2009 12:05 
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Div@
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Ya para el año 2010, estoy pensando en Shadowtime o tal vez en irme un poco más lejos en el tiempo con Die Soldaten. :wink:


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NotaPublicado: 23 Nov 2009 12:49 
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Pulpo de garaje
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Fantástico trabajo, Marquis, muchísimas gracias por todo!!

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En la vida humana sólo unos pocos sueños se cumplen, la gran mayoría se roncan. Enrique Jardiel Poncela.


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Pumby
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naietta escribió:
Fantástico trabajo, Marquis, muchísimas gracias por todo!!


+1 :)


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NotaPublicado: 23 Nov 2009 13:26 
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currante de base
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Muchas gracias

http://epc.buffalo.edu/authors/bernstein/shadowtime/
esto he encontrado respecto a shadowtime. parece exhaustivo.
no la conozco. me pongo con ella. (la ópera)
no la hay en ninguna pradera.
parece que en spotify...

'soldaten' vi en ruhrtriennale. y tengo dvd.
muy bien.

ha muerto heinz-klaus metzger, teórico de la música nueva. ¿lo sabían?

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“¡La vida es una sucesión de casualidades, y nada es verdad! Sólo la muerte” Gonzalo Arango


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NotaPublicado: 23 Nov 2009 15:48 
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Div@
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Hágame saber si no encuentra finalmente la ópera.

No sabía lo del fallecimiento de Metzger.


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NotaPublicado: 23 Nov 2009 15:59 
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currante de base
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Ubicación: ...in meinem Lied
Está en Spotify. La he escuchado un trozo. Primeras tres escenas. Pero .....estaría bien tenerla.. :silbido:

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NotaPublicado: 23 Nov 2009 16:01 
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Zampabollos
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Ubicación: nelle golle di Napata
Excelente e insuperable trabajo, monsieur!

Lo he seguido con atención y la escucha de esta ópera me produce unas sensaciones en este momento totalmente alejadas del rechazo inicial que pude sentir hacia ella. Lo felicito, y le doy mi mas sincero agradecimiento. :aplauso:


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NotaPublicado: 23 Nov 2009 16:08 
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Div@
Div@
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Registrado: 30 Dic 2005 13:54
Mensajes: 13802
Ubicación: Madrid
Me alegro que haya podido iniciar usted su reconciliación con esta ópera, estimado Yago.

En los próximos días, le haré llegar un "regalito" por mensajeria privada, parte. :wink:


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