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Berlioz: Les nuits d’été
Estas canciones se consideran un ciclo, aunque el propio Berlioz nunca se refirió a ellas como tal. Los textos de Gautier están repletos de la imaginería característica de la lírica francesa de comienzos del XIX: el aroma de las rosas marchitas, una tumba gris a la sombra de un árbol, una amante distante, paisajes exóticos y soñados... Y la música de Berlioz se describe a la perfección esas imágenes.
El ciclo comienza en un tono alegre con “Villanelle”, que trata sobre un amante solitario que sueña con escaparse al bosque con su amada, con sus juegos cuando llegue la primavera. La canción desarrolla una melodía simple en la que pequeñas variaciones armónicas y en la orquestación elevan la tensión de estrofa en estrofa. Se cierra con un toque melancólico, como si se diese cuenta de que el idilio primaveral y las palabras “para siempre” son una mera ilusión.
El tono de las dos siguientes canciones es más amargo. “Le spectre de la rose” trata sobre el fantasma de una rosa que se le aparece en sueños a la joven que la llevó en su primer baile. En consecuencia, la canción tiene una atmósfera de ensueño, la melodía empieza con unos arpeggios en el cello que luego se empareja con una flauta y un clarinete con un efecto bellísimo. El final en forma de recitativo resulta muy conmovedor.
“Sur les lagunes” es una marina trágica, de colores oscuros, en la que notas monótonas se repiten durante la canción sugiriendo la pena obsesiva del amante y el movimiento del barco sobre el agua. Después del clímax apasionado, los últimos compases sugieren soledad.
“Absence” es el lamento de un amante separado de su amada a la que suplica que regrese con él. Es una canción de gran intensidad, que utiliza unos medios muy simples con un efecto magnífico. El modo en que representa el vacío el acorde en la palabra “aimée” en el estribillo es estremecedor.
“Au cimetière” trata sobre un personaje que vaga por un cementerio por la noche, que siente la presencia de la muerte en el aire, que asocia los gemidos de una paloma con los lamentos de los muertos. La canción tiene una atmósfera hipnótica y claustrofóbica. Las armonías en el acompañamiento y el movimiento de la voz crean una sensación de ansiedad y fascinación morbosa. Al final de esta canción el clarinete toca unas notas disonantes con un efecto delicadamente trágico.
El ciclo finaliza con “L’ile inconnue” con el mismo tono de alegría y regocijo con que comenzó. Se trata de nuevo de una marina, pero esta vez de melodías brillantes y exuberantes.
Les Nuits d’été Theophile Gautier
1. Villanelle
Quand viendra la saison nouvelle,
Quand auront disparu les froids,
Tous les deux nous irons, ma belle,
Pour cueillir le muguet aux bois.
Sous nos pieds égrénant les perles
Que l'on voit, au matin trembler,
Nous irons écouter les merles
Siffler.
Le printemps est venu, ma belle;
C'est le mois des amants béni;
Et l'oiseau, satinant son aile,
Dit ses vers au rebord du nid.
Oh! Viens donc sur ce banc de mousse,
Pour parler de nos beaux amours,
Et dis-moi de ta voix si douce:
Toujours!
Loin, bien loin égarant nos courses,
Faisons fuir le lapin caché,
Et le daim, au miroir des sources
Admirant son grand bois penché;
Puis chez nous, tout heureux, tout aises,
En paniers, en laçant nos doigts,
Revenons, rapportant des fraises,
Des bois.
2. Le spectre de la rose
Soulêve ta paupière close
Qu'effleure un songe virginal!
Je suis le spectre d'une rose
Que tu portais hier au bal.
Tu me pris encore emperlée
Des pleurs d'argent de l'arrosoir,
Et, parmi la fête étoilée,
Tu me promenas tout le soir.
O toi qui de ma mort fus cause,
Sans que tu puisses le chasser,
Toutes les nuits mon spectre rose
A ton chevet viendra danser;
Mais ne crains rien, je ne réclame
Ni messe ni De Profundis.
Ce léger parfum est mon äme,
Et j'arrive du du paradis.
Mon destin fut digne d'envie,
Et pour avoir un sort si beau
Plus d'un aurait donné sa vie;
Car sur ton sein j'ai mon tombeau,
Et sur l'albâtre où je repose
Un poëte avec un baiser
Écrivit: "Cigît une rose,
Que tous les rois vont jalouser."
3. Sur les lagunes
Ma belle amie est morte,
Je pleurerai toujours;
Sous la tombe elle emporte
Mon âme et mes amours.
Dans le ciel, sans m'attendre,
Elle s'en retourna;
L'ange qui l'emmena
Ne voulut pas me prendre.
Que mon sort es amer!
Ah! sans amour s'en aller sur la mer!
La blanche créature
Est couchée au cercueil;
Comme dans la nature
Tout me paraît en deuil!
La colombe oubliée
Pleure et songe à l'absent;
Mon âme pleure et sent
Qu'elle est dépareillée.
Que mon sort est amer!
Ah! sans amour s'en aller sur la mer!
Sur moi la nuit immense
S'étend comme un linceul,
Je chante ma romance
Que le ciel entend seul.
Ah! comme elle était belle,
Et comme je l'aimais!
Je n'aimerai jamais
Une femme autant qu'elle
Que mon sort est amer!
Ah! sans amour s'en aller sur la mer!
S'en aller sur la mer!
4. Absence
Reviens, reviens, ma bien-aimée;
Comme une fleur loin du soleil,
La fleur de ma vie est fermée
Loin de ton sourire vermeil!
Entre nos coeurs qu'elle distance!
Tant d'espace entre nos baisers!
O sort amer! ô dure absence!
O grands désirs inapaisés.
D'ici là-bas que de campagnes,
Que de villes et de hameaux,
Que de vallons et de montagnes,
A lasser le pied des chevaux!
5. Au cimetière
Connaissez-vous la blanche tombe,
Où flotte avec un son plaintif
L'ombre d'un if?
Sur l'if une pâle colombe,
Triste et seule au soleil couchant,
Chante son chant:
Un air maladivement tendre,
À la fois charmant et fatal,
Qui vous fait mal
Et qu'on voudrait toujours entendre;
Un air comme en soupire aux cieux
L'ange amoureux.
On dirait que l'âme éveillée
Pleure sous terre à l'unisson
De la chanson,
Et du malheur d'être oubliée
Se plaint dans un roucoulement
Bien doucement.
Sur les ailes de la musique
On sent lentement revenir
Un souvenir.
Une ombre, une forme angélique,
Passe dans un rayon tremblant,
En voile blanc.
Les belles de nuit demicloses
Jettent leur parfum faible et doux
Autour de vous,
Et le fantôme aux molles poses
Murmure en vous tendant les bras:
Tu reviendras!
Oh! jamais plus près de la tombe,
Je n'irai, quand descend le soir
Au manteau noir,
Écouter la pâle colombe
Chanter sur la pointe de l'if
Son chant plaintif.
6. L'Île Inconnue
Dites, la jeune belle,
Où voulez-vous aller?
La voile enfle son aile,
La brise va souffler.
L'aviron est d'ivoire,
Le pavillon de moire,
Le gouvernail d'or fin;
J'ai pour lest une orange,
Pour voile une aile d'ange,
Pour mousse un séraphin.
Dites, la jeune belle,
Où voulez-vous aller?
La voile enfle son aile,
La brise va souffler.
Est-ce dans la Baltique?
Dans la mer Pacifique?
Dans l'île de Java?
Ou bien est-ce en Norvège,
Cueillir la fleur de neige,
Ou la fleur d'Angsoka?
Dites, la jeune belle,
Où voulez-vous aller?
Menez-moi, dit la belle,
À la rive fidèle
Où l'on aime toujours!
Cette rive, ma chère,
On ne la connaît guère
Au pays des amours.
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