Tenga, comodón.
TRIBOULET.
Que je t'épargne au moins l'angoisse de tout dire!
Je devine le reste!—
Ô douleur! il a pris,
Pour en marquer ton front, l'opprobre et le mépris!
Son haleine a souillé l'air pur qui t'environne!
Il a brutalement effeuillé ta couronne!
Blanche! ô mon seul asile en l'état où je suis!
Jour qui me réveillais au sortir de leurs nuits!
Âme par qui mon âme à la vertu remonte!
Voile de dignité déployé sur ma honte!
Seul abri du maudit à qui tout dit adieu!
Ange oublié chez moi par la pitié de Dieu!
Ciel! perdue, enfouie, en cette boue immonde,
La seule chose sainte où je crusse en ce monde!
Que vais-je devenir après ce coup fatal,
Moi qui dans cette cour, prostituée au mal,
Hors de moi comme en moi, ne voyais sur la terre
Que vice, effronterie, impudeur, adultère,
Infamie et débauche, et n'avais sous les cieuxQue ta virginité pour reposer mes yeux!—
Je m'étais résigné, j'acceptais ma misère.
Les pleurs, l'abjection profonde et nécessaire,
L'orgueil qui toujours saigne au fond du cœur brisé,
Le rire du mépris sur mes maux aiguisé,
Oui, toutes ces douleurs où la honte se mêle,
J'en voulais bien pour moi, mon Dieu, mais non pour elle!
Plus j'étais tombé bas, plus je la voulais haut.Il faut bien un autel auprès d'un échafaud.
L'autel est renversé!—cache ton front,—oui, pleure,
Chère enfant! je t'ai fait trop parler tout à l'heure,
N'est-ce pas? pleure bien.—Une part des douleurs,
À ton âge, parfois, s'écoule avec les pleurs.—
Verse tout, si tu peux, dans le cœur de ton père!